Je sais qu'on tient à moi, il paraît qu'on veut me voire heureux. Mais on ne veut pas me voire vagabond. Et si c'était en vagabond que j'étais heureux? Ben non visiblement c'est pas humain d'être heureux en étant seul. Ne serait-je pas humain alors? Quelle question bête, il paraitrait que oui. Et donc ça doit vouloir dire que la solitude peut aussi apporter du bien à un être humain, il y en a juste un peu moins dans ce cas là. Mais alors, les autres qui auront besoin de moi alors que je ne serai pas là? Deux bonheurs s'opposent ici. Celui de l'autre et le mien. Lequel prime? Dure question à laquelle je n'ai pas de réponse. J'ai envie de dire le mien et si les gens sont heureux quand ils me voient heureux, ils seront heureux non? Et ceux qui me veulent près d'eux? Je pense qu'ils comprendront, vivre à travers des souvenirs n'est pas mal.
Et si je n'étais pas heureux? Il paraît que l'homme a besoin des autres. Je ne sais pas qui a dit ça, mais il se trompait. L'homme n'est pas un être sociable, j'en suis la preuve, il fait juste semblant. Ou du moins, il n'est pas sociable pour être heureux mais pour palier sa faiblesse, l'homme ne fait qu'employer les autres pour son propre bonheur. Il n'y a donc plus de liberté. Chaque homme est bien différent et je fais partie de ces humains qui veulent vivre leur vie seul, en parcourant les champs de blé, les montagnes, les vertes prairies, sous le soleil, la pluie et la neige. Oui la liberté, c'est à ça que j'aspire.
Mourir? Et alors ce n'est pas un obstacle au bonheur. C'est un obstacle à la vie certes mais à quoi bon vivre si c'est pour ne pas être heureux? Il vaut mieux vivre une année heureux que soixante années de tristesse. Tout ce que je veux, c'est mourir avec le sourire, peu importe la situation ou l'endroit, je veux juste regarder derrière moi et me dire « Voilà c'est bien ».
La tristesse c'est un concept bien humain ça aussi. Et avec ce genre de sentiments, il se fait un malin plaisir à faire des généralités et imaginer que la tristesse est provoquée par les mêmes situations chez chacun. Et si la tristesse était provoquée par la communauté? Mais c'est quoi cette tristesse? Chacun est maître de lui même et décide du degré de tristesse à accorder aux événements. Pourquoi devrait-il y avoir une échelle qui serait la même pour tous?
Tout ce que je demande, c'est d'être seul, avec ma mélancolie, ma nostalgie, mes souvenirs et moi même. Je veux retrouver ce petit garçon qui voyageait au travers le monde sur son bateau, ce petit garçon qui s'imaginait plus fort que les autres et qui pouvait braver les montagnes. Ce petit gars qui ne se savait pas misanthrope, celui avec qui il est agréable de voyager. Ce petit garçon insouciant qui voyageait au gré de ses idées et de ses envies. Celui qui savait garder précieusement cette petite lueur d'espoir qui brillait au fin fond de ses petits yeux. Celui qui s'émerveillait quand il découvrait le monde en compagnie de son grand papa. Celui qui rêvait quand sa grand maman lui racontait des histoires au chevet de son lit. Celui qui me prendra la main et m'emmènera au loin, qui me fera visiter le monde et qui m'expliquera que tout n'est pas noir, qui me racontera des histoires. Ce petit gars à qui je ne pourrai pas donner de nom pour ne pas lui rappeler ce qu'il deviendra. Ce petit homme qui ne m'en voudra pas d'être devenu ce que je suis et qui me dira de ne pas m'en faire, d'aller de l'avant.
Je veux juste un peu de liberté et vivre l'instant présent du mieux que je le pourrai.